« Lors de mon voyage en Grèce cet été, alors que je participais à une exposition, j'ai eu l'occasion de visiter quelques îles.
J'ai choisi de filmer et photographier les femmes des îles de Andros, Kéa et Mykonos.

Ces femmes ont toutes en commun le travail qu’elles font pour garder l’équilibre économique et naturel de leur île.
L’île de Mykonos est celle qui m’a marquée le plus dans sa décadence. Elle est l'une des plus recherchées.
Elle est le symbole de toutes les consommations estivales : plages transformées en boîtes de nuit, embouteillages monstrueux, bruits en tous genres, pollutions, air conditionné dans les bars, restaurants ouverts jours et nuits et hôtels de luxe.
Elle est le point de chute de milliers de touristes qui débarquent en bateaux, ferries, hydroglisseurs et même avions (il y a un aéroport !).
Tout est organisé pour satisfaire le visiteur, assouvir sa soif de consommation, le conforter dans ses habitudes de citadin mais dans un paradis... perdu !
Les femmes de ces îles ont pris conscience de la transformation progressive de leur environnement en un véritable parc d'attraction.
Elles ont vu grimper les prix et la vie devenir... hors de prix !
Elles ont su créer un système autonome et parallèle à cette consommation fondée sur le profit capitaliste.
Elles ont continué à produire leurs légumes, leurs pêches, les ont transportés, à dos d'ânes, au marché et se sont mises à gérer leurs propres productions.

Tous les membres de leurs familles s'y sont mis. Leurs activités se sont étendues : tricot, crochet, produits artisanaux, production d'amandes et leurs dérivés, sacs en carton décoré, etc...
Tout cela est vendu dans des boutiques indépendantes : les leurs !
Grâce à l'initiative des femmes, les habitants de ces îles, qui se sont inscrits dans ce mouvement, gardent une autonomie sociale, économique et humaine. »
Viviane Vagh

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